Ce lundi 29 avril aura lieu, comme chaque année depuis 31 ans, la Journée Internationale de la Danse. Le Comité de la Danse International, en relation avec l’UNESCO, est à l’origine de cette journée dont la première édition eu lieu en 1982. Cette célébration encore trop peu connue honore la naissance du danseur et du maître de ballet Français Jean-Georges Noverre (1727-1810), qui est considéré comme le créateur du ballet moderne.
Tous les ans, une personnalité influente du monde de la danse parraine l’édition et fait circuler un message à travers le monde dans l’intention de célébrer cette forme d’art et de rassembler tous les types de danses lors de cette journée. Cette année, c’est le chorégraphe taïwanais LIN Hwai-min parraine l’évènement, son message est visible en Français sur le site officiel de la journée de la Danse.
Pour célébrer la Danse qui est la deuxième activité artistique en France, des manifestations auront lieu dans toute la France.
A Paris, « Entrez dans la Danse, Fête de la Danse » vous invite le dimanche 26 avril pour prendre part à de nombreuses animations. 730 artistes, 32 compagnies, 56 spectacles et 15 initiations sont le programme qui vous attend si vous êtes dans la capitale !
A Lyon, l’école de danse contemporaine « Danse Actuelle » organisera de nombreux évènements tels des journées portes ouvertes, des spectacles ou encore une table ronde du 26 au 29 avril, n’hésitez pas à consulter le programme.
Ce sera l’occasion rêvée d’essayer la rumba qui a été élue danse de l’année alors renseignez-vous pour savoir ce qu’il se passe près de chez vous !
Teaser officiel de cette journée : http://vimeo.com/ddaystudio/fetedeladanse
A 57 ans, Marc Delacour peut se définir comme un passionné. Danseur, entraîneur, professeur, juge international pour de grandes compétitions, sa soif d’apprendre et sa détermination l’ont emmené plus loin qu’il ne l’avait imaginé au départ. Débutant par des compétitions de danses sportives, il trouve très vite dans les danses de couple ses marques et une passion qui le suivra tout au long de sa vie. Il se caractérise lui-même comme ayant eu une grande curiosité envers la danse sportive, ce qui lui a permis de développer ses connaissances et sa compréhension de cette discipline.
Pourriez-vous me résumer votre carrière?
Ma carrière de professeur a débuté comme tous les autres professionnels. On enseigne ce que l’on sait, que ce soit en technique ou en chorégraphie. Ensuite, j’ai voulu en savoir plus et j’ai passé tous les diplômes qui existaient à cette époque en France, UNEDS, AMDF (Académie des Maîtres de Danse en France), puis à Londres avec Fellow ISTD.
J’ai préparé des couples à la compétition, et bien que de nombreux d’entre eux soient devenus champions de France, j’étais insatisfait. J’ai alors découvert la nécessité de la préparation mentale. Je m’y suis donc formé avec une passion qui m’habite encore comme au premier jour.
Parallèlement, j’ai formé de nombreux professionnels et ai participé à la vie associative de mon sport en étant président de la commission technique pendant 8 ans puis vice-président du Comité National de Danse Sportive. J’ai aussi mis en place les diplômes de professeur de danse au sein de la Fédération Française de Danse.
Comment définiriez-vous cette discipline qu’est la danse ?
Pour moi, la danse est une formidable école de vie. Pour les très jeunes, cela permet aux enfants de se mélanger, garçons et filles, en faisant une activité commune. Pour les plus grands, c’est un sport où on est jugé en fonction de notre performance, comme dans le travail. Il permet de développer l’humilité car il est impossible d’atteindre la perfection, il y aura toujours meilleur que nous. Sur le plan communicationnel, la danse permet d’apprendre à écouter l’autre pour comprendre sa façon de fonctionner ainsi que d’accepter le jugement d’autrui même s’il nous est difficile de le comprendre.
C’est également une formidable occasion pour apprendre à connaître son corps, développer le côté musical, coordonner ses mouvements et le faire avec un autre. C’est-à-dire partager le travail, et pour cela apprendre à se fixer des objectifs, à travailler ensemble. La danse développe le respect des autres, que ce soit envers son partenaire, ses concurrents, son professeur ou encore ses supporteurs. Dans la vie, je trouve que ce sont des valeurs importantes.
Avez-vous été suivi par des professionnels durant votre carrière de danseur sportif au niveau physique, nutritionnel et mental ?
A cette époque, ce n’était pas d’actualité et je le regrette. Ancien sportif de haut niveau dans d’autres disciplines (judo, natation) je m’étais forgé un moral de compétiteur tout seul. Je sais maintenant que ce n’était pas suffisant.
La danse sportive est devenue un sport beaucoup plus difficile qu’alors. La médiatisation, la venue des pays de l’Est, des pays asiatiques ont considérablement élevé le niveau. Pour cela, il est nécessaire d’avoir un suivi alimentaire pour parfaire une préparation physique. Mais ce n’est pas tout. En toile de fond le mental doit être présent. Pouvoir danser en compétition aussi bien si ce n’est mieux qu’à l’entraînement est devenu un besoin incontournable. Savoir gérer les nombreuses compétitions, apprendre plus vite et mieux, gérer son stress avant, pendant et après la compétition est devenu une nécessité pour tous compétiteurs. La préparation mentale, se travaille comme la préparation physique et l’amélioration de la technique. C’est long, astreignant mais gratifiant ensuite, d’autant qu’on l’applique ensuite à n’importe quel domaine, qu’il soit professionnel, privé ou familial.
Quels seraient vos conseils aux jeunes voulant passer professionnels ?
Mes filles me disent que je suis un malade des diplômes mais cela me semble indispensable. Passer des diplômes, c’est bénéficier des connaissances et des expériences des autres. Cela permet de voir les choses autrement, percevoir une autre réalité pour progresser, s’améliorer. C’est aussi la certitude d’avoir des bases sérieuses.
Il me semble aussi important de développer et maîtriser la communication, qu’elle soit verbale ou non verbale. Les enseignants doivent savoir se remettre en question car leur manière d?enseigner peut-être parfaite pour un groupe et inefficace pour un autre. Pour cela il faut développer son empathie et ne pas se considérer comme le meilleur, y compris en face des professeurs concurrents. Le culte de l’ego est la pire chose pour un professeur.
Nous remercions Marc Delacour qui a accepté de répondre à ces quelques questions et de partager avec nous ses connaissances autour d?une passion commune : la danse. Vous pouvez trouver plus de conseils au sein de son blog www.danserfacile.com.
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